parce que c'est comme ça #extract 011 mars 10
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Nous ne reviendrons jamais, mais en attendant...

William S Burroughs - Creepy Letter
Cut-up au Beat hôtel, 9 rue Gît-le-Coeur, Paris vers 1960

le plagiste est nécessaire, à cienda

De la Misère en Milieu Hippie
(extrait)

Les valeurs qui ont anciennement soutenu l’organisation des apparences ont perdu leur puissance;
la morale, la famille, le patriotisme et tout le reste sont tombés comme autant de poids morts.
Les anciens rôles et les anciennes mystifications ne peuvent plus dédommager le sacrifice d’expérience authentique
qu’ils demandent. Homme d’affaire, professeur, honnête travailleur, play-boy, femme de ménage - qui peut encore les prendre au sérieux ?
Les idoles et les héros dominants deviennent risibles. Toute falsification est en crise.
Cette désintégration des valeurs ouvre un vide positif qui rend possible une libre expérimentation.
Mais si cette expérimentation ne s’oppose pas sciemment à tous les mécanismes du pouvoir,
alors, au moment critique où toutes les valeurs sont aspirées dans le tourbillon, de nouvelles illusions viennent combler le vide;
le pouvoir a horreur du vide.
L’insatisfaction du hippie, sa dissociation des vieux clichés, a abouti à en fabriquer et à en adopter de nouveaux.
La vie hip crée et consomme de nouveaux rôles - gourou, artisan, vedette de rock -, de nouvelles valeurs abstraites -
l’amour universel, le naturel, la franchise -, et de nouvelles mystifications consolatrices - le pacifisme, le bouddhisme, l’astrologie,
les débris culturels du passé remis au goût du jour pour la consommation.
Les innovations fragmentaires réalisées par le hippie - et qu’il a vécu comme si elles étaient totales - n’ont fait que raviver le spectacle.
Au lieu de se battre pour une vie réelle, le hippie assume une représentation abstraite, une image de la vie,
et annonce son changement d’apparence comme étant un changement réel.
Le sérieux moral avec lequel il s’attache à son style de vie donne la mesure de sa dépendance à la nouvelle image.
Depuis que la prolifération des styles de vie grandit parallèlement à la décadence des valeurs,
l’estimation tend à son tour à ne devenir rien de plus que le choix d’une pseudo-vie entière parmi les styles présents sur le marché.
Disques, affiches, pattes d’éph’: quelques marchandises vous rendent hip.
Quand on reproche au « capitalisme hip » d’avoir « volé notre culture »,
on oublie que les premiers héros de cette culture (Timothy Leary, Allen Ginsberg, Alan Watts...)
ont promu le nouveau style de vie sur le marché de la consommation culturelle.
En combinant leur propre fétichisme culturel avec la fausse promesse d’une vie authentique,
ces publicitaires pour un nouveau style ont engendré un attachement quasi-messianique à la cause.
Ils ont “éveillé” [“turn on”] la jeunesse tant à un nouvel ensemble de valeurs qu’à un ensemble de biens qui y correspondent.
“S’éveiller” signifie à la fois consommer des drogues et acheter sans aucune critique une Weltanschauung [philosophie] entière.
La différence entre le hippie « réel » et le hippie « synthétique », c’est que le premier a des illusions plus profondes;
il a acquis ses mystifications dans leur forme pure et naturelle, tandis que l’autre les achète en kit prêts à l’usage,
l’astrologie d’après un poster, la liberté naturelle en portant des pattes d’éph’, le taoisme via les Beatles.
Bien que le hippie réel ait peut-être lu et contribué au développement de l’idéologie hip,
le hippie synthétique achète les marchandises qui incarnent cette idéologie.
Identifiées avec des objets dans la réalité renversée du spectacle,
les qualités humaines - spontanéité, épanouissement, communauté -,
deviennent des idéaux de consommation précisément parce que c’est ce dont manque la réalité;
et parce que l’illusion de l’authenticité devient nécessaire pour une vie qui n’est pas authentique.
Le style de vie hippie reproduit le consumérisme auquel il imagine s’opposer.

Ken Knabb
On the Poverty of Hip Life, écrit partiellement inédit du groupe Contradiction, avril 1972,
l'intégralité du texte disponible ici en V.O. et V.F.

Dr.Timothy Leary, Trip, The Turn On. 1966

je vous parle d'un autre monde, le vôtre

 

si ça ne suffit pas, pchiiie, 1978, diffusion Radio Noctiluque - Nid de Coucou, Paris, émission pré brouillée, pratique...

Pile !

 

 

Oui, dans l'organisme et dans la vie d'un peuple, de même que dans la vie et l'organisme d'un individu,
on peut voir apparaître, à certaines époques, des manifestations anormales,
signes non douteux d'un désordre de la raison et de l'intelligence,
véritable maladie mentale, espèce de folie collective,
capable d'apporter les troubles les plus profonds dans le mécanisme social,
et d'engendrer, par l'intervention fatale de ceux qu'elle possède et qu'elle égare,
les plus grands crimes, les plus effroyables désastres.
Supposez non plus un seul, mais une collectivité d'organismes armés, pour ainsi dire,
de leur prédisposition respective, réunis et agissant sur le même théâtre des affaires sociales et politiques,
n'avez-vous pas alors comme une conception lumineuse du spectacle que peut offrir
un tel assemblage d'anomalies pensantes et agissantes; des conflits qu'il est capable d'engendrer;
des possibilités étranges ou terribles, destinées à éclore dans ce milieu morbide ?
En un mot, n'a-t-on pas là le véritable mécanisme,
ou, pour parler entièrement le langage pathologique,
la raison pathogénique de la maladie sociale en question ?
Laborde, Jean-Baptiste-Vincent,
"Les hommes et les actes de l'insurrection de Paris devant la psychologie morbide"
Paris, G. Baillière, 1872

lors,

hé, psss, par là,
tout ce qui leur plaît leur appartiendra

liste noire, chocolat blanc

 

bonsoir

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