parce que c'est comme ça #extract 321 mai 12

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mais en attendant...



Journal officiel de la République française sous la Commune
Jeudi 13 avril 1871

La Commune de Paris,

Considérant que la colonne de la place Vendôme est un monument de barbarie,
un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme,
une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus,
un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la république française, la fraternité,

DÉCRÈTE :

Article unique. La colonne de la place Vendôme sera démolie.

Paris, le 12 avril 1871.

Police et sécurité : protection de l'identité

Proposition de loi relative à la protection de l'identité,
adoptée en Lecture définitive par l'Assemblée nationale le 6 mars 2012 , TA n° 883

Principales dispositions du texte

Article 1er
Preuve de l'identité : l'identité d'une personne se prouve par tout moyen ;
la présentation d'une carte nationale d'identité ou d'un passeport français en cours de validité suffit à en justifier.

Article 2
Liste des données inscrites sur la puce électronique des cartes nationales d'identité et des passeports.

Article 3
Utilisation optionnelle de la carte nationale d'identité à des fins d'identification sur les réseaux
de communication électronique et de signature électronique.

Article 5
Création d'un fichier central biométrique des cartes nationales d'identité et des passeports.
Méthode d'identification : à une empreinte donnée correspondra, non pas une identité,
mais un ensemble d'identités (technique des bases biométriques dites « à lien faible »).

Article 5 ter
Information sur la validité des titres d'identité présentés :
possibilité de consultation du fichier central, par les administrations publiques et certains opérateurs économiques,
afin de s'assurer de la validité ou non du titre d'identité qui leur est présenté.

Article 7
Aggravation de la répression pénale des infractions d'accès, d'introduction, de maintien frauduleux
dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel, d'entrave à son fonctionnement
ou de modification ou de suppression frauduleuse des données qu'il contient,
lorsque ces faits sont commis à l'encontre d'un système de traitement automatisé mis en oeuvre par l'État.

Principaux amendements des commissions

Article 5
Possibilité d'une identification explicite du demandeur d'un titre d'identité ou de voyage
(Disposition introduite à l'initiative du Rapporteur).

Article 5 ter
Précision selon laquelle la consultation du fichier central ne permettra d'accéder à aucune donnée à caractère personnel
(Disposition introduite à l'initiative du Rapporteur).

Voir le compte rendu n° 66 de la commission

© Assemblée nationale


copillage

ÉLECTION
Action de choisir, d’élire quelqu’un par voie de suffrage.
L’élection d’un député ; les élections municipales ; les élections sénatoriales, etc., etc...

Si la bêtise et la passion qui président aux diverses élections n’étaient pas
des facteurs d’asservissement et de domination sociale, il nous faudrait rire de ces transports collectifs qui,
à dates déterminées, soulèvent les foules.
D’apparence, pour l’homme qui regarde, une élection peut sembler un vaudeville de premier ordre,
monté par un metteur en scène plein de génie ;
mais pour celui qui raisonne, qui ne s’arrête pas à la surface des choses, mais qui veut les pénétrer, c’est une terrible tragédie.

Les élections approchent. Et un vent de folie souffle au-dessus des hommes.
Pendant quatre ans - si ce sont des élections législatives - la population est restée calme et tranquille ;
pendant quatre ans, l’électeur jouissant de ses droits civiques et politiques s’est tenu à l’écart
de tout ce qui se passait dans le pays ; il est resté sourd à tout les appels de ceux qui s’intéressent sincèrement à son sort ;
mais les élections approchent, et tout à coup, comme mû par un ressort, il se souvient qu’il est le maître ;
que rien ne se fait sans lui ; qu’il est le peuple souverain, qu’il fait des lois qu’il ignore, et sa valeur le gonfle d’orgueil.

Les élections approchent, et les murs se couvrent de placards multicolores, sur lesquels le candidat,
les candidats, offrent et promettent à leurs électeurs un avenir plein de bonheur et de jouissance.

La foire électorale est ouverte.
Les adversaires se mesurent, et nous nous garderons bien de rappeler toutes les insanités, toutes les ignominies,
toutes les insultes, toutes les injures que se lancent mutuellement les nombreux candidats.
C’est l’étalage le plus répugnant, le plus infâme, le plus honteux de toutes les bassesses et de toutes les tares individuelles.
Ça ne fait rien.
C’est parmi ces hommes, qui n’hésitent pas à étaler leurs vices, que l’électeur doit choisir son représentant.

La place est bonne, car en dehors de la rétribution qui n’arrive certainement pas à payer les frais occasionnés par une élection,
il y a les petits avantages cachés. N’est-ce pas un élu socialiste, du Conseil municipal de Paris,
qui déclarait qu’un conseiller qui ne gagnait pas cent mille francs par an était un imbécile ?
Que doit alors gagner un député ?
La place étant bonne, on comprend que la bataille soit chaude.

L’électeur oubliant tout ce qu’il a souffert depuis des années,
oubliant toutes les promesses qui lui furent faites précédemment et qui ne furent pas tenues
- naturellement - se pâme devant l’éloquence de son candidat préféré.
Il écoute avec avidité les paroles mensongères que lui débite son pantin,
et alors que durant quatre ans il a vécu relativement en bonne harmonie avec son voisin,
ce dernier devient tout à coup un ennemi parce qu’il entend porter ses suffrages sur le nom d’un autre forban.

Avec la diffamation, la corruption est un des plus puissants facteurs de réussite,
aussi ne se gêne-t-on pas pour en user en période électorale.
La sincérité n’a pas d’importance et n’entre même pas en jeu, et moins l’on est sincère, plus on a de chance de triompher.
Tous les moyens sont bons et les consciences s’achètent comme une vile marchandise.

Et cela est logique ; car qu’est-ce, en réalité, une élection, sinon une bataille
que se livrent des colporteurs qui représentent des maisons différentes.
L’idée, la doctrine ne sont que des paravents derrière lesquels se cachent des appétits,
et le candidat n’est jamais qu’un homme de paille au service d’une entreprise commerciale, industrielle ou financière.
C’est cela que l’électeur ne veut pas admettre.

Arrive le jour du suffrage.
Fier du rôle qu’il remplit, l’électeur va voter et attend dans la fièvre le résultat de son geste.
I1 est dans la même situation que le spectateur qui, n’ayant pas joué, attend sur un champ de course l’arrivée du gagnant.
Que peut lui importer que ce soit l’un ou l’autre qui arrive le premier,
que ce soit le rouge ou le noir qui franchisse le poteau, puisqu’il ne peut pas gagner ?
Mystère.
L’électeur éprouve probablement des sensations que nous sommes incapables de ressentir ;
il est peut-être pourvu d’un sens supplémentaire qui nous manque à nous, les profanes.
Qui sait ?
Bref, il attend, chez le marchand de vin le plus souvent, car l’élection est une occasion de beuverie,
et lorsque arrive jusqu’à lui le résultat, c’est du délire et du désappointement selon que son candidat est vainqueur ou vaincu.

Il y a parfois match nul, alors la comédie recommence.
Mais, dans les coulisses se prépare une mise en scène particulière, car la représentation ne peut avoir lieu que deux fois.
Le scrutin de ballottage n’est qu’une question d’argent, et ceci est si brutal qu’il est inconcevable que l’électeur ne s’en aperçoive pas.
...
Il faut avouer que le peuple souverain commence à ne plus être dupe de tous ces simulacres
et que de jour en jour, le nombre d’électeurs diminue et que le nombre d’abstentionnistes augmente.
Les partis politiques sentent que leur autorité s’affaiblit et que bientôt le pouvoir qu’ils exercent leur échappera totalement.
C’est pourquoi certains partis d’extrême droite ou d’extrême gauche empruntent une tactique électorale tout à fait inattendue.
De même que nous avons les militaristes-antimilitaristes, nous avons également les parlementaristes antiparlementaires.
Il n’est plus rare, au cours d’une campagne électorale, d’entendre des orateurs, communistes ou fascistes,
reconnaître qu’il n’y a rien à faire au Parlement, qui est un foyer de corruption.
Mais ajoutent-ils, les élections sont pour nous une occasion de créer une agitation favorable au développement de nos idées
et aussi un moyen de nous compter et de connaître les forces dont nous disposons.

Fort bien, et l’argument mérite qu’on s’y arrête.
Proposons donc à nos parlementaristes antiparlementaires de poursuivre leur action électorale,
mais demandons-leur de n’accepter aucun mandat et de se refuser à siéger aux Folies-Bourbons.
Ils refusent tout naturellement en objectant que les avantages pécuniers dont bénéficient les députés permettent à ces derniers
de faire une propagande active en faveur du parti qu’ils représentent.
Lorsque l’on sait ce que coûte une élection et ce que rapporte un mandat de député
- nous ne considérons, évidemment, que les rétributions avouées -
on se rend bien vite compte que ce dernier argument est ridicule,
car les sommes fantastiques englouties durant les périodes électorales permettraient d’entretenir
un nombre de militants propagandistes bien supérieur à celui des députés élus par la classe ouvrière.

Une élection n’est donc qu’un trompe-l’œil, les anarchistes l’ont dit, ils le disent encore, ils le répéteront sans cesse.

Il est vrai que les élections sont favorables à la diffusion des idées.
Les libertaires ne l’ignorent pas et en période électorale, ils sont au premier rang dans la bataille,
se dépensant afin de faire comprendre à leurs frères de misère tout le vide de l’action parlementaire.
Ils veulent éclairer l’électeur.

« Qu’on tache d’éclairer ces hommes », dit Urbain Gohier dans « La Révolution vient-elle ? »,
« de les améliorer, de les élever : ils vous soupçonneront, vous abreuveront d’outrages »,
« Mais la foire électorale ouverte, ils courent d’instinct aux charlatans les plus vils, aux malfaiteurs les plus cyniques.
La bassesse les enchante ; plus les mensonges sont grossiers, plus avidement ils les gobent. »

Il est hélas trop vrai que la veulerie populaire lasse souvent le militant sincère
qui se brise à la tâche et se sacrifie à une cause commune.
Mais quoi, ne doit-on pas tenir compte de tout un passé d’esclavage empêchant le travailleur de s’instruire et de s’éduquer ?
Le peuple vient à peine de s’éveiller, et si l’on jette un regard en arrière, si l’on considère tout le chemin parcouru depuis un siècle,
on constate alors tous les progrès réalisés, toutes les transformations accomplies,
tous les avantages arrachés petit à petit à la bourgeoisie rapace et jalouse de ses privilèges.

Bien des institutions barbares ont disparu.
Les élections disparaîtront également un jour, car malgré tout,
la méfiance a pénétré déjà dans le cerveau du travailleur, et c’est le commencement de la fin.

Poursuivons donc, anarchistes, notre œuvre, pour qu’enfin la raison saine et pure dirige l’humanité,
et qu’avec les élections disparaisse le dernier esclave : l’électeur.

l'Encyclopédie anarchiste de Sébastien Faure - 1934


maquis essentiel

nous ne reviendrons jamais,

mais en attendant,


 

 

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Printed January 1975




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